[ lézard de carnaval ]

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[ 18 janvier 2020 ]

… virtuARTlisation d’une ancienne photographie.



Lézard des rochers,
Lézard des murailles,
Lézard des semailles,
Lézard des clochers.

Tu tires la langue,
Tu clignes des yeux,
Tu remues la queue,
Tu roules, tu tangues

Lézard bleu diamant
Violet reine-claude,
Et vert d’émeraude,
Lézard d’agrément !

( Robert Desnos – le lézard – « Chantefables » ) 


[ l'escalier de Léonard ]

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[ 15 janvier 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie prise au Clos Lucé à Amboise, dernière demeure de Léonard de Vinci.



L’escalier du réel
Est dur et épuisant
Mais il est beau vivant
Même si parfois cruel

Celui du trop grand rêve
Il est facile rapide
Et pas toujours lucide
Car il est juste un rêve

Rêve à réaliser
Et que les mains se tendent
Sa force est offrande
Comme il est bon l’oser

Car de vivre son rêve
C’est exister vraiment
Le cœur pur palpitant
Une fatigue s’achève

( Annick – juillet 2007- ) 

[ au pont du diable ]

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[ 11 janvier 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie que j’ai prise le 28 décembre 2019



Silencieux, les poings aux dents, le dos ployé,
Enveloppé du noir manteau de ses deux ailes,
Sur un pic hérissé de neiges éternelles,
Une nuit, s’arrêta l’antique Foudroyé.

La terre prolongeait en bas, immense et sombre.
Les continents battus par la houle des mers ;
Au-dessus flamboyait le ciel plein d’univers ;
Mais Lui ne regardait que l’abîme de l’ombre.

Il était là, dardant ses yeux ensanglantés
Dans ce gouffre où la vie amasse ses tempêtes,
Où le fourmillement des hommes et des bêtes
Pullule sous le vol des siècles irrités.

Il entendait monter les hosannas serviles,
Le cri des égorgeurs, les Te Deum des rois,
L’appel désespéré des nations en croix
Et des justes râlant sur le fumier des villes.

Ce lugubre concert du mal universel,
Aussi vieux que le monde et que la race humaine,
Plus fort, plus acharné, plus ardent que sa haine,
Tourbillonnait autour du sinistre Immortel.

Il remonta d’un bond vers les temps insondables
Où sa gloire allumait le céleste matin,
Et, devant la stupide horreur de son destin,
Un grand frisson courut dans ses reins formidables.

Et se tordant les bras, et crispant ses orteils,
Lui, le premier rêveur, la plus vieille victime,
Il cria par delà l’immensité sublime
Où déferle en brûlant l’écume des soleils :

– Les monotones jours, comme une horrible pluie,
S’amassent, sans l’emplir, dans mon éternité ;
Force, orgueil, désespoir, tout n’est que vanité ;
Et la fureur me pèse, et le combat m’ennuie.

Presque autant que l’amour la haine m’a menti :
J’ai bu toute la mer des larmes infécondes.
Tombez, écrasez-moi, foudres, monceaux des mondes !
Dans le sommeil sacré que je sois englouti !

Et les lâches heureux, et les races damnées,
Par l’espace éclatant qui n’a ni fond ni bord,
Entendront une Voix disant : Satan est mort !
Et ce sera ta fin, Oeuvre des six Journées !

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894) La tristesse du diable 


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[ carrelet et Talmont ]

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[ 10 janvier 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie que j’ai prise il y a quelques temps



L’Océan sonore
Palpite sous l’oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs,
Le long des récifs
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre,
Rugit le tonnerre
Formidablement.

( Paul Verlaine – 1844-1896 – Poèmes saturniens ) 


[ le phare de Cordouan ]

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[ 9 janvier 2020 ]

… virtuARTlisation d’une photographie que j’ai prise le 6 janvier 2020



Phœbus, de mauvais poil, se couche.
Droit sur l’écueil :
S’allume le grand borgne louche,
Clignant de l’œil.

Debout, Priape d’ouragan,
En vain le lèche
La lame de rut écumant…
– Il tient sa mèche.

Il se mâte et rit de sa rage,
Bandant à bloc ;
Fier bout de chandelle sauvage
– Plantée au roc !

– En vain, sur sa tête chenue,
D’amont, d’aval,
Caracole et s’abat la nue,
Comme un cheval…

– Il tient le lampion au naufrage,
Tout en rêvant,
Casse la mer, crève l’orage
Siffle le vent,

Ronfle et vibre comme une trompe,
– Diapason
D’Éole – Il se peut bien qu’il rompe,
Mais plier – non. –

Sait-il son Musset : À la brune
Il est jauni
Et pose juste pour la lune
Comme un grand I.

… Là, gît debout une vestale
– C’est l’allumoir –
Vierge et martyre (sexe mâle)
– C’est l’éteignoir. –

Comme un lézard à l’eau-de-vie
Dans un bocal,
Il tirebouchonne sa vie
Dans ce fanal.

Est-il philosophe ou poète ?…
– Il n’en sait rien –
Lunatique ou simplement bête ?…
– Ça se vaut bien –

Demandez-lui donc s’il chérit
Sa solitude ?
– S’il parle, il répondra qu’il vit…
Par habitude.

. . .

– Oh ! que je voudrais là, Madame,
Tous deux !… – veux-tu ? –
Vivre, dent pour œil, corps pour âme !…
– Rêve pointu. –

Vous percheriez dans la lanterne :
Je monterais…
– Et moi : ci-gît, dans la citerne…
– Tu descendrais –

Dans le boyau de l’édifice
Nous promenant,
Et, dans le feu – sans artifice –
Nous rencontrant.

Joli ramonage… et bizarre,
Du haut en bas !
– Entre nous… l’érection du phare
N’y tiendrait pas…

Le Phare de Tristan CORBIERE (1845-1875) – Recueil : « Les Amours jaunes »


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